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En mathématique, il y
a des coups de théâtre. « Je le vois mais je ne le crois pas », écrivit
Georges Cantor a son ami Richard Dedekind, lorsque, a la stupéfaction
unanime des mathématiciens et a la sienne propre, il démontra qu'il y a
autant de points dans le coté d'un carre que dans le carre tout entier.
Dans le carre y compris les cotes ! II venait d'établir qu'une ligne
pouvait être aussi habitée qu'une surface ! Ce fut un véritable coup de
théâtre, Qui résonne encore. Faut-il beaucoup se forcer pour faire « jouer
» les concepts ? Beaucoup les forcer pour leur faire jouer les drames
théoriques qui nourrissent cette discipline représentée si souvent comme
froidement abstraite, dénuée de sens et de tensions ?
Nombres, figures, structures, etc., s'offrent, si I'on veut bien les voir
ainsi, comme les personnages de la geste mathématique. Acteurs non humains
agissant dans I'espace théâtral.
La poétique n'a rien a perdre a s'emparer des mathématiques. Les
mathématiques non plus. Dans One Zéro Show, il s'agit de mettre,
littéralement, en scène le « théâtre des opérations ».
Denis Guedj
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